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Paroisse Saint-Matthieu - Strasbourg - Fermer la fenêtrePrédication du 25 novembre 2012Thomas Wild Il m’est une fois arrivé de sortir très fâché d’un baptême que je venais de célébrer. Car le parrain, au lieu de dire le texte sur lequel nous nous étions mis d’accord pour ses engagements, a cru malin de dire au bébé « que la force soit avec toi », ses références culturelles se situaient d’avantage du côté de la « guerre des étoiles » que du côté de l’évangile. En y réfléchissant, je me suis dit qu’en fait, George Lucas, l’auteur de cette série de films, s’est inspiré de la Bible et aussi d’autres mythologies anciennes. Car tout au long des six épisodes de sa saga, c’est la guerre entre la lumière et les ténèbres, entre le bien et le mal, entre la force sur laquelle sont branchés les gentils mais costaux chevaliers jedi, et le côté obscur de la force, dont le méchant dark vador est le représentant. Pour que le spectateur ne s’y perde pas, on a fait simple : les bons sont habillés de blanc, et les méchants tout en noir. C’est vrai que obscurité et lumière servent de manière universelle à décrire le bien et le mal : sur le site de l’ACO, j’ai mis en exergue une phrase qui me plaît beaucoup, Au lieu de se plaindre de l'obscurité, mieux vaut allumer une lumière ! Même si la phrase est de Confucius ! Laissons-là ces mythologies ancienne et moderne et revenons à notre texte, qui, à sa manière, dit ce combat entre le bien et le mal, la lumière et les ténèbres. Dit-il quelque chose de
spécial ? Car certains s’empresseraient pour répondre négativement, et dire que le christianisme n’est qu’une variante de cette morale universelle qui consiste à faire le bien, à allumer
des lumières dans l’obscurité… et que, chrétien ou pas, on peut le faire. Que c’est le choix et la liberté de chacun. Là, je veux faire intervenir le témoignage du pasteur Bchara Moussa Oghli. Il vit dans l’un des endroits qui souffre le plus de la noirceur du monde et des hommes, à Alep, où il dirige la Church of Christ, projet majeur de l’Action Chrétienne en Orient. Des bombes tombent au hasard. Des amis sont morts. D’autres ont été enlevés. Des logements, des voitures sont détruits. Le prix des denrées de base explose. La haine répand son poison, nourrie par le sang des victimes. Chaque semaine, en signe d’amitié et de solidarité, il reçoit un verset de Psaume. Il a répondu il y a 10 jours à l’ACO : Que pourraient me faire des humains ?» (c’est le Psaume) Je vous ai dit que Jésus est vraiment libre, hors de portée
Revenons un moment à la Syrie. Mes sœurs et frères, mes amis là-bas vivent dans l’incertitude du lendemain. S’ils n’ont pas particulièrement souffert du régime Assad, ils n’ont pas non
plus eu de grands privilèges, ils jouissaient juste des droits de l’homme basiques. Les deux Eglises avec lesquelles l’ACO travaille ont eu des attitudes différentes et complémentaires.
Le Synode arabe a décidé d’organiser un soutien aussi grand que possible aux personnes déplacées à cause de cette guerre civile, il a également inscrit à son budget la rénovation des
bâtiments gravement endommagés de Homs. Un vrai signe d’espérance. L’Union des Eglises Evangéliques Arméniennes a choisi d’attendre, et ses pasteurs font tout ce qu’ils peuvent pour
continuer leur travail sur place, ce qui est aussi un signe d’espérance qui est loin d’aller de soi : car innombrables sont les personnes qui fuient le pays. On ne peut pas les blâmer,
car personne n’a envie de vivre dans l’insécurité et de voir ses proches tous les jours exposés au danger. Mais rester est un témoignage très fort, d’appartenance à la communauté
nationale, tellement mise à mal, d’espérance en l’avenir, en la vie… Les uns et les autres savent que nous prions pour eux, ils prient aussi pour nous ici ! Et ils savent qu’ils peuvent
compter sur notre soutien. Nous célébrons la fête du don. Nous ne sommes pas appelé à sacrifier des bêtes, ou à nous sacrifier nous-mêmes, mais à partager ce que nous avons reçu. Un partage de nos vies, de nos
expériences, dans nos prières, aussi un partage de nos moyens financiers. Dans la première Église, les non-chrétiens étaient surtout impressionnés par le témoignage donné par les croyants et qui consistait en l’amour qu’ils avaient les uns pour les autres. « Voyez comme ils s’aiment », disaient-ils. Par nos dons, nous pouvons montrer cet amour pour l’Église au près et au loin, pour notre communauté et pour le monde.
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